Regard économique sur l’industrie acéricole

L’économiste Pierre-Marcel Desjardins est d’avis que l’industrie acéricole est un secteur en pleine croissance, mais dont l’avenir se trouve en partie entre les mains de facteurs hors de contrôle des producteurs, tels que les températures printanières et l’accès aux terres de la Couronne.
Tout d’abord, ce professeur à l’Université de Moncton relève que la production annuelle de 2025 a atteint 1 160 000 gallons, ce qui représente une légère baisse, comparativement au chiffre record de 1 206 000 gallons de 2024. « Même s’il y a eu une légère diminution au niveau de la production, c’est plus en raison du climat, puisque le nombre d’entailles avait augmenté », souligne-t-il. Les producteurs membres de l’Association acéricole du Nouveau-Brunswick ont ainsi comptabilisé 2 821 248 entailles en 2025, soit une augmentation de 9,6 % comparativement à l’année précédente.
Un accès à plus de terres
« L’industrie a besoin d’un accès à plus de terres pour poursuivre sa croissance, mais les terres ne sont pas nécessairement vacantes. Il y a toujours un arbitrage entre l’utilisation des terres et l’acériculture, ce qui reste un des défis pour le secteur », avance-t-il.
Notre invité a également noté que les producteurs de la province investissent dans la mécanisation et l’automatisation de leurs opérations, ce qui démontre l’innovation de ces entrepreneurs pour assurer leur croissance.
Les exportations du Nouveau-Brunswick se chiffraient à des ventes de plus de 8,4 millions $ pour les dix premiers mois de 2025. À noter que ce chiffre ne comprend pas la valeur du sirop vendu directement à des grossistes du Québec qui l’exportent ensuite sur les marchés internationaux.
« Ce secteur exporte la vaste majorité de sa production et nous avons donc une grande dépendance sur les marchés internationaux, surtout le marché américain (…). Il y a eu des efforts de diversification, mais nous demeurons dépendants et donc vulnérables à d’éventuels tarifs si l’Accord Canada-États-Unis-Mexique ne portait pas fruit au niveau des révisions », ajoute-t-il.