Croissance, demande et territoire : les défis de l’acériculture au Nouveau-Brunswick
Dans la foulée de deux excellentes années de production, l’industrie du sirop d’érable du Nouveau-Brunswick se retrouve à l’aube de choix importants. Le directeur général de l’Association acéricole du Nouveau-Brunswick (AANB), Frédérick Dion, estime qu’une vision à long terme s’impose afin d’assurer l’avenir de ce secteur stratégique.
Le sirop d’érable du Nouveau-Brunswick est prisé sur les marchés mondiaux, mais sa production n’augmente qu’à un rythme d’environ 3 %, alors que la demande mondiale croît de près de 5 % par année. Les producteurs de la province ont déjà amélioré leur performance grâce à l’adoption de nouvelles technologies et à des investissements majeurs dans les systèmes de récolte et de transformation, ce qui a permis d’atteindre des rendements plus élevés. La prochaine phase de croissance exigera toutefois une augmentation des superficies consacrées à l’acériculture afin de propulser l’industrie vers un nouveau palier.
L’AANB est d’avis qu’une planification à long terme est essentielle pour guider le développement de l’industrie au cours des prochaines décennies. Or, le dernier octroi d’hectares supplémentaires de terres de la Couronne destinées à la production acéricole remonte à 2023, et rien n’indique pour l’instant que de nouvelles parcelles seront bientôt accessibles. Une feuille de route élaborée par l’AANB vise à sensibiliser les dirigeants politiques et les fonctionnaires provinciaux aux besoins de l’industrie et à favoriser sa croissance durable.
L’AANB croit fermement que les industries acéricole et forestière peuvent cohabiter et partager les ressources forestières de la province. Les méthodes de récolte du bois doivent toutefois être adaptées afin de tenir compte des réalités et des besoins des deux secteurs. Un changement des pratiques et des prescriptions de récolte s’impose pour protéger les peuplements d’érables essentiels à la production acéricole. Il est également important de rappeler qu’une érablière nécessite un aménagement constant, favorisant la régénération et incluant la récolte périodique d’un volume significatif de bois, lequel est ensuite dirigé vers les usines de transformation. Lorsqu’un bail d’érablière est accordé sur les terres de la Couronne, l’approvisionnement en bois ne s’interrompt pas : il s’effectue plutôt à des intervalles différents et selon des méthodes moins dommageables, assurant le maintien d’érablières en santé et productives.
Afin de répondre à la demande croissante et de consolider notre position sur les marchés, nous devons collectivement reconnaître que certains peuplements doivent être prioritairement destinés à la production acéricole. Protéger ces peuplements signifie faire un choix stratégique : celui d’une richesse renouvelable, génératrice de valeur année après année.
L’avenir de l’industrie ne dépend pas uniquement de notre capacité à produire davantage, mais de notre volonté d’affecter durablement les bonnes terres au bon usage.
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