Louis-Philippe Gauthier

Louis-Philippe Gauthier est vice-président atlantique de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) et son premier conseil pour les consommateurs est de penser local et d’appuyer les entreprises d’ici. « Évidemment, nos membres voient un mouvement vers l’achat canadien. J’y mets un bémol et je dis d’acheter petit et de penser à nos petites et moyennes entreprises », souligne-t-il d’emblée.

En réponse aux tarifs douaniers imposés par le gouvernement américain, il conseille ainsi aux gens d’éviter d’appuyer les géants américains. « Nos données nous disent que, pour chaque dollar qu’un contribuable dépense dans une PME appartenue par un Canadien ou une Canadienne, 66 sous restent dans l’économie locale. Comparativement, si on dépense dans une chaine multinationale, seulement 11 sous restent ici », ajoute-t-il.

Impact sur les entreprises

Les sondages de la FCEI démontrent que les manœuvres tarifaires de Donald Trump auront un impact considérable sur les entreprises canadiennes et seulement deux entreprises sur cinq se disaient prêtes à y faire face. « Et 21 pour cent nous disent qu’elles ne sont pas prêtes du tout, 24 pour cent nous disent qu’elles ne sont pas vraiment préparées et 13 pour cent nous disent qu’elles sont incertaines », souligne-t-il.

Depuis 18 mois, les membres de la FCEI rapportent une diminution de la demande des consommateurs et plusieurs voyaient déjà des disruptions dans leur chaine d’approvisionnement. Pas moins de 18 pour cent ont admis avoir mis des contrats en veille ou les ont carrément annulés.

M. Gauthier rapporte que les entreprises se démènent pour trouver des fournisseurs alternatifs et que seulement 14 pour cent des membres sont à la recherche de marchés alternatifs. « Juste une entreprise sur dix nous dit qu’elle sera capable d’absorber l’augmentation due aux tarifs de 25 pour cent, ce qui n’est pas beaucoup quand on y pense. Les entreprises nous disent qu’elles vont être obligées de passer la facture aux consommateurs et à leurs clients », ajoute-t-il.

Enfin, une entreprise sur cinq avoue que, si la guerre tarifaire s’éternise, elles pourront seulement continuer à soutenir leurs opérations pour une période de trois mois.

Autres mesures pour atténuer l’impact

En plus d’encourager les gens à appuyer les entreprises d’ici, Louis-Philippe Gauthier souligne l’importance d’éliminer les barrières commerciales interprovinciales, en plus de reconnaitre mutuellement les accréditations professionnelles et les certifications de produits au niveau national. « La réduction de la paperasse et du fardeau administratif est un autre champ d’action où les provinces pourraient agir », note-t-il.