Avez-vous songé au repreneuriat ?
Saviez-vous que près de 10 000 propriétaires d’entreprises au Nouveau-Brunswick songent à prendre leur retraite au cours des cinq prochaines années ? Le repreneuriat présente donc une option intéressante pour les personnes qui veulent se lancer dans un projet en affaires.
Jean-Michel Megret, professeur en management à l’Université de Moncton, a étudié la question du repreneuriat avec son collègue Kadia George Aka, en plus d’avoir accompagné comme consultant plusieurs entreprises dans ce processus.
« Dès le départ, les repreneurs ont de la difficulté à identifier les entreprises qui sont à céder. De leur côté, les cédants ne savent pas comment communiquer la possibilité de céder leur entreprise. Il y a aussi beaucoup de réticence à l’annoncer pour ne pas inquiéter les salariés, les partenaires financiers, les clients et les fournisseurs », note M. Megret.
Il recommande donc de s’y préparer plusieurs années à l’avance et de bien s’entourer d’experts-comptables et d’avocats.
La clé : la relation cédant et reprenant
Un des enjeux pour assurer une meilleure transition repose sur la relation entre la personne cédante et la personne repreneuse. Le reprenant doit prendre la relève, en plus d’apprivoiser la culture, l’identité et la dimension humaine de l’entreprise.
M. Megret suggère donc de travailler comme salarié de l’entreprise pour une période d’un à deux ans avant l’achat pour se familiariser avec les processus, le personnel en place, etc. Le cédant devrait aussi s’attendre à demeurer en place pour accompagner la personne repreneuse pendant six mois à un an. « Les réussites et les transferts les mieux réussis sont ceux où il y a cet accompagnement du cédant », souligne-t-il.
De plus, ce travail en amont peut étoffer le dossier du repreneur pour obtenir du financement d’une banque. Si une relation de confiance solide s’établit entre les deux parties, le cédant acceptera peut-être même de participer au financement avec les modalités de paiement étalées sur quelques années.
« Le repreneuriat va vraiment au-delà d’un transfert économique. Il s’apparente plus à un processus social et affectif et se fonde sur des liens de confiances, de solidarité et d’apprentissages par immersion. Il est important d’être bien entouré et d’avoir une relation d’apprentissage mutuel pour que le transfert ait le maximum de chance de réussite », conclut-il.