Un autre enjeu du secteur agricole au Nouveau-Brunswick est son rôle essentiel pour assurer la sécurité alimentaire, puisque ce sont les fermes et les agriculteurs qui produisent les aliments dont la population a besoin. Cet enjeu se retrouve au cœur de bien des discussions sur la scène nationale, et le Nouveau-Brunswick doit se tailler une place pour profiter d’éventuels fonds fédéraux.
« Avec le gouvernement Carney, il est très intéressant de voir une compréhension nationale que la sécurité alimentaire est une question de sécurité nationale. Quand nous parlons des investissements en défense et en sécurité domestique, la nourriture occupe une grande partie de cette conversation », note la présidente de l’Alliance agricole du Nouveau-Brunswick, Danielle Connell.
Elle rappelle que d’importantes sommes d’argent se retrouvent maintenant sur la table pour bâtir davantage l’indépendance canadienne pour assurer sa sécurité alimentaire. « Mais l’argument est qu’il est très difficile pour le Nouveau-Brunswick de mettre sur pied une proposition pour profiter de cet argent. Nous opérons à une échelle tellement plus petite que les provinces plus grandes, comme le Québec, l’Ontario ou la Colombie-Britannique », souligne-t-elle.
Ces autres provinces compteraient notamment sur du personnel administratif en place qui œuvrerait déjà à planifier des initiatives en prévision de ces fonds. « Quand les annonces de financement vont sortir, ces provinces seront prêtes à s’inscrire aux programmes avec des projets de 10 ou de 15 millions $ avec tous les détails déjà précisés », prédit-elle.
Selon elle, le Nouveau-Brunswick se fierait plutôt à l’industrie pour lancer des projets, mais les ressources manqueraient pour le faire à l’heure actuelle. « Aussi, beaucoup de ces financements fédéraux ont un seuil minimum qui est tellement large que le Nouveau-Brunswick est trop petit pour l’atteindre », déplore-t-elle.
Cependant, les provinces de l’Atlantique pourraient joindre leurs forces et, déjà, des discussions ont lieu entre les organismes représentatifs de chaque province. « Nous avons ces conversations au niveau régional, et c’est très encourageant. La réalité des groupes de fermiers au Canada atlantique est différente de celle ailleurs au pays », ajoute Mme Connell. Elle désire donc poursuivre ces discussions et bâtir des relations. Ceci permettra d’agir d’une seule voix forte pour représenter la région atlantique dans ce dossier d’envergure nationale.