À quand l’accès gratuit, dès quatre ans, à la prématernelle au Nouveau-Brunswick?
Vous vous demandez peut-être pourquoi le porte-parole du personnel enseignant francophone de la province vous parle de petite enfance…
Père de famille et enseignant au primaire pour une large portion de ma carrière, je suis de ceux qui croient qu’il nous faut ensemble prendre un peu de recul pour réfléchir à l’éducation globale d’un enfant. Les silos, les secteurs, les divisions ou les chasses gardées peinent à bien refléter la complexité et la fluidité du développement de leur cerveau.
Ainsi, c’est d’abord avec la perspective du pédagogue que j’écris ces quelques lignes.
Petite enfance : la pleine dualité d’abord!
L’un des consensus qui émanent des États généraux de l’Acadie en juin dernier est sans contredit la revendication commune de procéder rapidement aux derniers changements requis pour assurer la pleine dualité du secteur de la petite enfance.
« Dans les faits, nous y sommes presque » ne suffit plus. Les principales responsabilités relatives à la petite enfance doivent relever de nos conseils d’éducation de districts dans le respect d’une pleine dualité.
L’excellente idée de joindre sous un même ministère les grands dossiers de l’éducation et de la petite enfance n’est pas encore complétée : en matière linguistique et identitaire, le gouvernement doit aller jusqu’au bout de sa bonne intuition.
En ce qui a trait à la pleine dualité en petite enfance, l’ovation attend les leaders qui passeront à l’action.
L’urgence d’une prématernelle universelle dès 4 ans!
Alors que certaines provinces offrent déjà des programmes gratuits (universels) de prématernelle dès quatre ans, le Nouveau-Brunswick enfouit-il sa tête dans le sable?
Les façons d’arriver à offrir une prématernelle universelle sont multiples et l’AEFNB n’en préconise pour l’instant pas une plus que l’autre : nous mettons toutefois l’accent sur l’urgence d’agir. La recherche démontre que des programmes de prématernelle offrent des bénéfices au développement social et cognitif de l’enfant, sans parler de gains à long terme sur la réussite scolaire et à l’adaptation sociale. Un programme de prématernelle universelle de qualité contribue à réduire l’écart de la préparation scolaire, surtout pour les enfants provenant de milieux défavorisés. Les retombées sont nombreuses : un meilleur développement pour nos enfants, un soutien accru pour les familles, une main-d’œuvre plus forte, de meilleurs résultats en littératie et, à plus long terme, davantage de possibilités d’accéder aux études postsecondaires.
La fable du lièvre et de la tortue nous laisse espérer que, si le Nouveau-Brunswick confirmait rapidement ses orientations en matière de prématernelle universelle, il pourrait peut-être encore reprendre le temps perdu et s’inscrire, d’ici quelques années, dans le peloton de tête pour ce qui est de l’accès gratuit aux services d’éducation à la petite enfance.