A.M. Matte.

Le héros invisible

On le méprise, on en a peur — les enfants tremblent —
petit outil à dents pointues serrées, banni au plus profond de l’armoire,
enfoui entre les pansements et les sirops, contenu dont on aimerait
se passer mais qu’on est contents d’avoir dans le besoin.

On reçoit des lettres de l’école, de la garderie, missives anonymes
présages de malheur qui propulsent à l’action, une ruée effrénée,
paniquée, vers l’armoire sombre où l’outil relégué à l’oubli collectif
est rescapé avec soulagement réticent. Il attend l’occasion,
sachant son rôle déterminant mais dédaigné, valable mais vilain.

Le peigne à poux ne fait pas de promesse, n’est pas une solution
miracle. Il est utilitaire, utile entre doigts habiles, entre mèches
attaquées, entre infestations redoutées. Il plonge dans les cheveux
comme on plonge dans un problème : finement, lentement, méticuleusement,
un geste répété plutôt qu’une panacée.

(La suite à lire sur ancrages.ca)

Océane Lanteigne.

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Corps en brindilles
Bras en tiges
Ventre de feuilles
Cheveux de prairies
Une féminité toujours plus fragile
Un esprit des plus futiles
Des jambes menues au repas
Me gaver d’images
Dévorer jusqu’à en vomir
Pas besoin de mots pour m’étouffer
Je dévore des calories
En regardant la minceur des pages
Je serai jamais assez petite
Pour disparaître dans la norme