Christian Roy.
La Confession™
mon Père™, depuis ma dernière Confession™, j’ai vu le soleil se lever par une fente entre le cadre de fenêtre pis les rideaux gris à pois blancs achetés le soir de l’Action de grâce™ au cœur du silence opaque succédant la jetée des assiettes de polystyrène, pendant le réchauffage de la tarte aux Pommes™ surgelée dans le micro-ondes dernier cri commandé en matinée pis livré sur le balcon par un drone bien élevé en aval de l’arrivée des invités dans la salle de visioconférence créée pour l’occasion par les modérateurs du groupe de clavardage de ma petite Famille™, mais en amont de la lecture de la prière de bénédiction générée tout spécialement à notre nom par l’agent conversationnel du Diocèse™
je suppose qu’un coup de vent nocturne, haché en milliers de fines portions lorsqu’il s’est enfoncé dans la moustiquaire, aurait balayé de côté lesdits rideaux gris à pois blancs pour imposer à mes rétines, en eaux cassées pis en contractions, après poussées pis déchirures, petites fessées, pis grands vagissements, la naissance en direct d’un Lundi™ matin
mes muscles ont figé à la manière du jus de viande le lendemain d’un festin, chaque agglomération de fibres, l’articulation rouillée d’un bûcheron de fer-blanc, à la vue de la noirceur, par-delà une paroi de verre incapable de me reconnaître la face pis sur laquelle mes doigts n’ont aucun effet, tandis qu’elle virait langoureusement au marine, pis au gris, pis au bleu, pis avant que je puisse l’étrangler, un long gémissement a gargouillé au fin fond de ma gorge, pis s’est mis à couler de ma bouche endormie, éclaboussant les quatre murs gris de la chambre grise, laissant sur chaque surface terne une traînée aussi gluante que la voix d’une Mère™ …
(La suite à lire sur ancrages.ca)