Marcel Hébert, directeur général de l’Association des crabiers acadiens (Gracieuseté)
Alors que la saison 2026 tire à sa fin pour les membres de l’Association des crabiers acadiens, son directeur général la qualifie de difficile. Marcel Hébert rapporte ainsi que l’ouverture de la saison a été retardée dans la Péninsule acadienne en raison de la présence de glaces, tandis que les baleines noires de l’Atlantique Nord ont fait leur arrivée plus tôt que d’habitude.
« Tout a été un peu en retard par rapport à l’année dernière quand nous avions eu une année hâtive. Nous voulions sortir plus tôt avant l’arrivée des baleines, mais la première est arrivée plus tôt, ce qui a eu des implications sur l’effort de pêche », rapporte-t-il.
Il avance que le taux de capture était également moindre que celui de l’année précédente. « Ceci est relié directement à la distribution de l’effort de pêche, surtout par rapport à la biomasse disponible. Quand la biomasse diminue, le crabe est plus épars sur les fonds », explique-t-il.
Certains membres de l’Association ont éprouvé de la difficulté à trouver le crabe en début de saison. « La profondeur était beaucoup plus grande. Habituellement, c’est entre 35 et 45 brasses et, cette année, le crabe était dans des profondeurs de 50 à 70 brasses », note-t-il. Certains pêcheurs ont donc dû ajouter des câbles à leurs casiers pour atteindre cette profondeur.
Au moment de l’entrevue à la fin mai, 84 quadrilatères étaient fermés en raison de la présence de baleines noires, ce qui couvre un territoire de 16 800 kilomètres carrés. « Ce qui représente à peu près 50 pour cent de tout le territoire de pêche pour le crabe des neiges », précise-t-il.
Il aimerait qu’une révision des protocoles de fermeture soit effectuée pour refléter la différence entre une baleine en transit et une concentration de baleines en train de se nourrir. « Une baleine peut fermer 50 pour cent du sud du golfe en une semaine et il ne reste plus grande chance aux pêcheurs », déplore-t-il en souhaitant un compromis.
Ces conditions de plus en plus difficiles se combinent aux pressions des membres d’équipage et des travailleurs d’usine qui doivent accumuler leurs semaines de travail. Tout ceci déclenche de l’anxiété chez plusieurs pêcheurs et affecte leur santé mentale. « Plusieurs pêcheurs sont venus me voir et veulent vendre leur permis cette année ou d’ici deux ou trois ans », rapporte Marcel Hébert.