Meghan Fraser, biologiste chez Homarus, et Cindy Laplante, technicienne principale en biologie, sont à l’œuvre pour étiqueter des homards pour étudier leurs déplacements. (Gracieuseté)
Le projet d’étiquetage du homard pour étudier son mouvement dans l’eau se poursuit encore une fois cette année. Cette étude menée par Homarus, la branche scientifique de l’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM), permet de mettre à jour les données sur les déplacements du crustacé dans le fond marin pour mieux comprendre ses comportements.
Pierre Dupuis, directeur d’Homarus, rappelle que la dernière étude du genre effectuée par le ministère des Pêches et Océans remontait à 1989 et 1990. « Nous mettons une étiquette sur le homard et on sait où on le remet à l’eau. Après qu’il a été récupéré lors de la pêche d’automne ou du printemps, on peut voir à peu près comment loin il s’est déplacé », explique-t-il.
Les étiquettes peuvent demeurer fixées au homard pendant au moins trois mues. « Un de ces homards s’est promené sur plus de 100 kilomètres ! Il a été remis à l’eau à Neguac pour être trouvé près du pont de la Confédération », relate-t-il.
Cette distance s’avère exceptionnelle, mais les données démontrent que le homard tend à se déplacer plus loin de nos jours qu’il ne le faisait au début des années 90. « En général, on pourrait dire que le homard se déplace un bon 18 kilomètres de plus que dans les années 90 », résume M. Dupuis.
Les scientifiques d’Homarus ont émis l’hypothèse que les homards doivent se déplacer pour loin qu’auparavant en raison de leur abondance relative. « Il doit aller plus loin pour chercher la nourriture parce qu’il a plus de concurrence pour se cacher et pour trouver la nourriture », ajoute-t-il.
Une autre hypothèse serait un changement au niveau des courants d’eau qui emporteraient les crustacés plus loin qu’auparavant. Les changements climatiques pourraient également jouer un rôle dans ces déplacements, puisque les températures changeantes de l’eau peuvent affecter les espèces dont se nourrissent les homards.
M. Dupuis précise que l’étiquetage de homard se poursuit pour une troisième année cet été pour couvrir d’autres zones de pêche, notamment au large de la Nouvelle-Écosse. L’Association de pêcheurs de homard de l’Île-du-Prince-Édouard s’intéresse au projet et pourrait étiqueter des homards elle aussi. « Nous devons travailler ensemble pour assurer que la ressource soit durable à long terme », conclut M. Dupuis.