Des crevettes nordiques. (Archives)
La survie de la flottille pour la pêche aux crevettes nordiques représente un enjeu important pour la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels. Seuls cinq pêcheurs auraient pris la mer cette année et la flottille détient seulement 24 permis de pêche.
« Comme vous le savez, il n’y a plus de transformateurs de crevettes au Nouveau-Brunswick. Ça devient fort compliqué pour le peu de crevettiers qu’on a à l’œuvre qui sont obligés d’aller vendre soit au Québec, soit à Terre-Neuve », avance Jean Lanteigne, directeur général de la FRAPP.
De profondes interrogations persistent donc sur l’avenir de cette pêche. Est-ce qu’il sera un jour possible de remettre sur pied la transformation de ce petit crustacé ? Est-ce que les quotas émis permettront d’assurer la viabilité de cette pêche ?
Une avenue étudiée pour les pêcheurs de crevettes est de se lancer dans la pêche au sébaste, rappelle M. Lanteigne. Toutefois, un seul transformateur de la province, McGraw Seafood de Tracadie, achète ce poisson. « Nous sommes très contents qu’ils soient là et nous avons de bonnes relations avec eux. L’enjeu est plutôt que le produit du sébaste a une valeur commerciale très faible sur le marché. Il est vendu principalement comme appât ou en Corée. Le prix payé aux pêcheurs est trop bas », déplore-t-il. Des pêcheurs auraient obtenu des prix de 25 à 35 cents la livre, alors que le seuil de rentabilité se situerait au-delà de 50 cents la livre.
La FRAPP aimerait donc voir des mesures pour développer les marchés pour ce poisson, ce qui est un dossier à long terme. « Nous travaillons avec les deux paliers du gouvernement pour avoir leur soutien pour valoriser ce poisson davantage », ajoute-t-il.