Retour sur le Fonds des pêches de l’Atlantique
Au moment d’écrire ces lignes, aucune annonce officielle n’avait été effectuée au sujet d’un renouvèlement du Fonds des pêches de l’Atlantique (FPA). Lancé en 2017, il s’est terminé le 31 mars dernier et des fonds similaires ont été renouvelés cet été pour les régions du Québec et de la Colombie-Britannique. L’édition Aquapêches fait donc un retour sur les retombées de ces investissements et des attentes des associations de pêches envers un nouveau fonds éventuel.
Jean Lanteigne de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels rappelle que le financement du fonds a notamment permis d’effectuer une pêche expérimentale du sébaste et d’étudier différents engins de pêche. Le projet a déterminé quel engin offrait une meilleure efficacité, tout en réduisant les pêches accessoires. M. Lanteigne croit qu’un autre financement d’un nouveau FPA pourrait contribuer à explorer davantage le potentiel du sébaste sur de nouveaux marchés.
« Le fonds des pêches est une priorité pour qu’il soit reconduit pour que l’on puisse continuer de faire des initiatives autant pour le crabe des neiges, la crevette et le sébaste », ajoute-t-il.
Améliorations aux équipements de pêche
Du côté de l’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM), le directeur général rappelle que le financement reçu dans le cadre de cette enveloppe a servi à de nombreux projets. Des investissements ont ainsi optimisé la qualité des prises avec des améliorations aux bateaux de pêche pour conserver le homard à l’abri du soleil. « Nous avons aussi pu investir dans de l’équipement pour garder le homard au frais dans des contenants isothermes et nous avons investi dans des projets scientifiques à Homarus », énumère Martin Mallet.
L’UPM attend donc avec impatience une annonce officielle sur le FPA et songe déjà à des projets possibles avec une éventuelle deuxième ronde de financement. « Une chose que nous aimerions faire avancer est le renouvèlement d’un réseau de recherche sur le homard », ajoute-t-il.
Tests de mesures pour protéger les baleines noires
Pour sa part, l’Association des crabiers acadiens (ACA) avait testé des mesures de protection pour les baleines noires de l’Atlantique Nord, notamment des projets sur les casiers déclencheurs ou casiers sans cordages pour mesurer leur efficacité. Son directeur général a aussi mentionné des tests de cordages avec des maillons faibles qui ont démontré l’inefficacité de cette mesure dans la pratique. Le FPA leur a également permis d’étudier des moyens de réduire les engins de pêche perdus et d’effectuer une étude sur les stabilisateurs des bateaux pour développer de meilleurs systèmes.
« Tout ça nous a permis de tester différentes choses pour améliorer la pêche au crabe des neiges et d’avoir une meilleure coexistence avec les baleines », avance Marcel Hébert.
Si un nouveau Fond des pêches de l’Atlantique est annoncé, l’ACA aimerait financer d’autres projets pour améliorer la pêche au crabe, comme l’acquisition de bouées intelligentes supplémentaires. Déjà, l’association met à la disposition de ses membres 110 bouées intelligentes. Celles-ci peuvent notamment signaler que la bouée, ses cordages et ses casiers sont à la dérive ou se déplacent rapidement en raison d’un empêtrement avec une baleine.
Le FPA avait également contribué au financement de plusieurs projets dans les usines de transformation de la province. Ceux-ci comprenaient la modernisation d’équipements, l’automatisation de processus et autres.