Révision des Règlements sur la pêche côtière
Quelques suggestions des associations de pêcheurs
Le ministère des Pêches et Océans Canada (MPO) a entrepris cet été un examen exhaustif des Règlements sur la pêche côtière qui guident notamment l’émission de permis dans le secteur de la pêche côtière au Canada atlantique. Les intervenants concernés étaient invités à des séances de mobilisation pour partager leurs points de vue et discuter d’idées sur les mesures qui pourraient être prises. Voici un survol des recommandations des trois associations qui représentent des pêcheurs commerciaux au Nouveau-Brunswick.
Plus de flexibilité en certaines circonstances
Jean Lanteigne de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels (FRAPP) explique que leurs membres n’ont habituellement aucune difficulté à se conformer à l’exigence d’être sur le bateau. Une problématique survient cependant lors de situations exceptionnelles, comme une personne atteinte d’une maladie grave qui l’empêcherait de partir en mer pour une longue période. « Le ministère accorde un délai de cinq ans, mais à la sixième année, le pêcheur risque de perdre son permis », avance-t-il.
La FRAPP dit reconnaitre l’esprit de la loi, mais demande une certaine flexibilité dans certaines circonstances, comme la maladie ou bien
le décès soudain d’un pêcheur avec un enfant encore trop jeune pour
prendre la relève.
Un permis de pêche familial commercial
Ces propos trouvent écho auprès de Marcel Hébert de l’Association des crabiers acadiens (ACA) qui, elle, préconise un permis de pêche familial commercial. « Ça permettrait de transférer le permis à ses enfants », explique-t-il.
Selon l’ACA, un tel permis pourrait se transférer facilement à un membre de la famille qui n’aurait pas nécessairement besoin d’aller en mer. Mais, distinction importante, ce permis serait toujours rattaché à un individu et non pas une entreprise. « Tous les bienfaits et les retombées de la ressource resteraient dans la région », ajoute-t-il.
Protection du pêcheur propriétaire
De son côté, l’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM) désire mettre l’accent sur la protection du pêcheur propriétaire. « L’élément qui nous intéresse est la protection du pêcheur propriétaire qui a son permis, qui est à bord du bateau et qui pêche son permis », affirme Martin Mallet. « Nous ne voulons pas voir ce qui arrive ailleurs avec quelqu’un qui achète l’accès à la ressource et qui la fait pêcher par d’autres. Ça va vraiment à l’encontre de la vision du pêcheur côtier de l’Est du Canada. »
Il rappelle que le principe du pêcheur propriétaire est maintenant protégé par le Règlement sur les pêches et que l’UPM désire conserver cette protection dans la loi. Il mentionne également la nécessité d’ajouter des d’éléments pour renforcer la loi comme des budgets et des effectifs gouvernementaux.