AQUAPÊCHES

Crabe des neiges : on pourrait se diriger vers une saison record!

Les crabiers sont partis en mer avec une hausse du contingent de plus de 8000 tonnes. (archives)
Par Bertin Couturier
À moins d’un revirement de situation totalement inattendu, la pêche au crabe des neiges sera exceptionnelle en 2022. Le contingent a passé de 20 000 tonnes à 28 065 tonnes en 2022. Tous les observateurs s’entendent pour dire que le marché sera aussi prolifique sinon meilleur cette année. La levée des mesures sanitaires et l’essoufflement de la COVID-19 laissent entrevoir un bilan plus que positif. En 2021, les crabiers avaient reçu en moyenne 9 $ la livre, du jamais vu dans l’industrie. Est-ce qu’on pourrait dépasser ce montant cette année? Il est permis d’y croire…
À la rédaction de ce reportage (première semaine d’avril), on prévoyait que les crabiers prennent le large vers la mi-avril. À la publication de l’Aquapêches, c’est donc dire que les crabiers sont déjà au large et que les usines de transformation des produits marins fonctionnent à plein régime.
En entrevue, le président de l’Association des crabiers acadiens (ACA), Joël Gionet s’est dit confiant à l’aube de cette nouvelle saison. Par rapport à l’augmentation du contingent, bien qu’il soit très satisfait, il n’est pas réellement surpris. « Nos rencontres avec les scientifiques et les biologistes du MPO laissaient entrevoir une majoration du quota. La ressource est vraiment en excellente santé; nous sommes dans un bon cycle pour les années à vie. ».
Pour l’instant, il n’ose pas s’avancer si la hausse du contingent va se traduire par des semaines de pêche additionnelles. « En 2021, avec 20,000 tonnes, on a eu environ cinq grosses semaines de pêche et deux plus petites à la fin. J’ignore si ça sera davantage cette année. Tout dépendra de nos amis les baleines. La pêche aux crabes des neiges a démarré plus tard en 2022 et il ne faut pas oublier que nous devons accélérer la cadence pour éviter de se retrouver au même moment que la présence des baleines et que des quadrilatères soient fermés. »
Quant aux prix versés aux pêcheurs, Joël Gionet est très optimiste. « Avec le retour de la normalité (ouverture des restaurants, la reprise des destinations soleil, les grands rendez-vous mondains, etc.), l’offre pour le crabe des neiges sera littéralement au plafond. Joël n’ose pas avancer de prix mais bien des observateurs prétendent que le prix pourrait dépasser 13 $ la livre.

Propos de Gilles Thériault

Gilles Thériault, président de l’Association des transformateurs de crabe du Nouveau-Brunswick a ajouté d’autres éléments d’informations qui favorisent notre industrie. Dans l’Acadie Nouvelle du 21 mars dernier, il a confié au journaliste David Caron que les États-Unis ont récemment interdit l’importation de fruits de mer provenant de la Russie en réponse à l’invasion de l’Ukraine.
« Ça représente environ 30 % du marché, dit-il. Deuxième facteur en cause; l’automne dernier, le gouvernement de l’Alaska a baissé le quota de 88 % afin de protéger les stocks de crabe des neiges qui semblent vulnérables au réchauffement de la mer de Béring. Grâce à la pêche en Alaska, les États-Unis sont avec le Canada et la Russie, l’un des grands joueurs de l’industrie. Avec tout cela en tête, on peut présumer que la demande pour le crabe canadien sera assez forte », a expliqué M. Thériault.

Hausse d’environ 34 % du contingent du crabe des neiges

La ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, Joyce Murray, a annoncé que le total autorisé des captures (TAC) en 2022 pour le crabe des neiges dans le sud du golfe du Saint-Laurent sera de 32 519 tonnes, comparativement à 24 261 tonnes en 2021. Dans la zone 12, où notre flotte de crabiers se trouve, le quota s’élève à 28 065 tonnes.
La répartition approximative du TAC dans chacune des zones du sud du golfe du Saint-Laurent est la suivante :
◦ Zone 12; 28 065 t

◦ Zone 12E; 195 t

◦ Zone 12F; 1 164 t

◦ Zone 19; 2 645 t

◦ Allocation du relevé scientifique; 450 t