L'industrie ostréicole
L’impact se fait déjà ressentir dans le Nord
Les maladies MSX et Dermo n’ont pas encore été détectées dans les baies du nord du Nouveau-Brunswick, mais leur présence dans le sud affecte déjà des producteurs de partout en province. Nicholas Savoie, propriétaire d’OstreaSilva Ressources & Consultants de Neguac, vit cette réalité depuis
l’an dernier.
Il produit des huitres depuis 1992 et il se spécialise dans la culture d’huitres marchandes et de semence. Il travaille notamment neuf sites aquacoles pour favoriser l’ensemencement naturel des huitres. Après quelques années, il récolte des jeunes huitres qui sont achetées par d’autres ostréiculteurs qui les installent dans leurs casiers.
La détection des maladies MSX et Dermo dans les eaux du sud de la province en 2024 et en 2025 a entrainé l’établissement de zones de contrôle primaire (ZCP) par l’Agence canadienne d’inspection des aliments et le ministère des Pêches et Océans. « Ces zones fonctionnent un peu comme les zones de contrôle sanitaires pendant la pandémie de Covid-19. Les transferts d’huitres entre zones étaient généralement interdits. Cela a complètement éliminé mes marchés et a été désastreux pour mon entreprise », avance-t-il. Il ne peut plus vendre ses huitres à 95 % de sa clientèle, puisqu’il ne peut plus déplacer ses mollusques entre certaines ZCP.
Il rappelle que ces maladies sont sans danger pour la consommation humaine des huitres. « Ces maladies font juste que nous avons moins d’huitres à vendre. Les producteurs plus au sud de nos régions ont appris à vivre avec elles et nous allons devoir faire la même chose », souligne-t-il en mentionnant les états américains.
Comme ses collègues, Nicholas Savoie sait que les prochaines années s’annoncent difficiles pour l’industrie ostréicole. « Les gens des ministères sont sensibles aux besoins des producteurs d’huitres, mais ne semblent pas pouvoir réagir vu la lourdeur et la désuétude des politiques et règlements. La survie des entreprises est en jeu », affirme-t-il.