L'industrie ostréicole
Des solutions déjà à l’essai
Charles Maillet est propriétaire de la Ferme Cocagne Aquaculture et de l’Écloserie acadienne inc., toutes les deux situées à Cocagne. Ce producteur avait noté des taux de mortalité normaux de 3 à 5 % dans ses huitres jusqu’en septembre 2025, quand ce taux a subitement augmenté à 20 %. Des plongées exploratoires cet hiver ont montré que près de 80 % des huitres sont mortes à certains endroits dans la baie.
« Si on lève au printemps et qu’on a 80 % de perte dans tous les stocks, on va avoir des décisions à prendre si le gouvernement ne nous aide pas. Il faut justifier la main-d’œuvre pour le travail qu’il aura à faire », avance-t-il lors d’une entrevue au mois de mars.
Les maladies MSX et Dermo, sans danger pour la santé humaine et la salubrité des huitres, ont déjà affecté les producteurs en Virginie à la fin des années 40. Le Maine a aussi été touché en 2010 et les producteurs ont connu au moins trois années difficiles avant que l’industrie remonte la pente.
Charles Maillet a donc une bonne idée ce qui attend le Nouveau-Brunswick pour quelques années et il tente déjà de trouver des solutions. « Dans une écloserie, on peut accélérer le système. Il faut essayer différents scénarios, mais on ne sait pas quelle souche d’huitre sera résistante. Il faut essayer différents scénarios en écloserie où on peut faire pousser des huitres 12 mois par année. On peut donc arriver à une huitre en deux ans au lieu de quatre ans dans la baie », explique-t-il.
Charles Maillets tente aussi d’obtenir des larves et du sperme d’huitres américaines qui résistent aux maladies MSX et Dermo, puisque l’industrie ostréicole de la Virginie et du Maine a déjà traversé cette crise. Le hic, personne ne sait encore si ces mollusques américains pourront s’adapter au climat et aux conditions le long des côtes néo-brunswickoises.
Charles Maillet confie que les essais se poursuivront en écloserie pour effectuer des croisements avec des huitres qui résistent naturellement aux maladies MSX et Dermo, mais que l’impact de ces maladies ralentira la production considérablement pendant plusieurs années.