Pierre-Marcel Desjardins (Gracieuseté)
L’économiste Pierre-Marcel Desjardins propose ici quelques pistes de réflexion sur quelques éléments économiques qui joueront un rôle important pour l’industrie de la pêche en 2026.
Tout d’abord, il reconnait que la pêche au crabe des neiges sera touchée par la diminution des quotas, mais les difficultés vécues par ce secteur en Alaska pourraient affecter les marchés internationaux. « C’est le jeu de l’offre et de la demande. La possibilité d’aller chercher du crabe en Alaska n’est pas vraiment présente, alors que les Russes exportent surtout en Asie. Ils ne sont donc pas des concurrents directs pour notre crabe des neiges sur le marché américain », avance-t-il.
Du côté du homard, il rappelle l’annonce du gouvernement Trump pour éliminer les mesures de protection de zones de pêche au large de la Nouvelle-Angleterre. « Est-ce que cela aura des impacts sur les débarquements américains ? Nous n’avons pas encore cette information. Mais nous avons vu au cours des dernières années que les débarquements en Nouvelle-Angleterre avaient des tendances à la baisse, ce qui, d’une certaine manière, aidait les pêcheurs d’ici », ajoute-t-il en mentionnant la possibilité d’un effet contraire.
Cet économiste signale également que les produits de la mer sont considérés sur les marchés comme bons pour la santé. « Surtout si on démontre que c’est une pêche faite dans une perspective durable, d’où l’importance des mesures par rapport aux baleines émises par le ministère des Pêches et Océans. Les consommateurs peuvent boycotter le produit s’il n’a pas une approche durable », souligne-t-il.

Ombres à l’horizon

L’année 2026 sera toutefois marquée par la révision de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique qui, jusqu’à présent, a protégé les produits de la mer des tarifs américains. « En toute probabilité, ces produits seront encore exemptés d’une manière ou d’une autre, mais il n’y a pas de garantie », avance-t-il.
La levée des tarifs du gouvernement chinois augure toutefois bien pour la croissance vers ce marché imposant, mais développer à nouveau des débouchés prendra des mois, voire des années d’efforts.
Enfin, cet économiste mentionne un impact possible de la décision du gouvernement fédéral de réduire l’immigration et toute la question des travailleurs étrangers temporaires. « C’est quelque chose à considérer dans le contexte de pénurie de main-d’œuvre et qui dépend des décisions gouvernementales », ajoute-t-il.
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