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Pourquoi voit-on autant d’efforts et de mesures pour protéger les baleines noires dans le golfe du Saint-Laurent, alors que ce n’était pas le cas auparavant ? Delphine Durette-Morin, scientifique associée et gestionnaire du programme de recherche au Canadian Whale Institute, explique que les baleines noires ont tout le temps été présentes dans la région du golfe, mais que leurs habitudes ont changé drastiquement dans la dernière décennie.
Historiquement, les baleines noires se retrouvaient en grand nombre dans la baie de Fundy. « En 2010, nous avons commencé à voir des changements dans la distribution de leur nourriture. Les baleines mangent des petits crustacés de la grandeur d’un grain de riz, des copépodes. En 2015 et 2016, nous avons vu un déclin de la présence des baleines dans la baie de Fundy et commencé à détecter une hausse de leur présence dans le golfe Saint-Laurent », rappelle-t-elle.
En 2017, douze baleines noires sont mortes dans les eaux canadiennes, que ce soit en raison d’empêtrements ou de collisions avec un navire. Les baleines noires sont une espèce avec un statut critique en danger d’extinction et on en recense seulement 380 individus en ce moment. « Le gouvernement a donc déclenché les fermetures de pêches et des zones de ralentissement pour les vaisseaux, ce qui a été sans précédent », ajoute-t-elle.
Depuis, les baleines continuent de remonter les côtes et de se retrouver chaque été dans le golfe Saint-Laurent et leur arrivée coïncide maintenant avec des mesures pour leur protection. Mme Durette-Morin souligne l’équilibre délicat et complexe qui doit être établi entre la protection d’une espèce marine en danger critique d’extinction, les efforts de pêche et le transport maritime. « Je pense que c’est avec cette collaboration avec les industries de pêche et de transport marin qu’on va réussir à trouver les solutions », avance-t-elle.