Les pêcheurs aux premières lignes pour observer l’impact des changements climatiques
De génération en génération, les pêcheurs sont aux premières loges pour observer l’environnement en mer et les évolutions au fil des saisons. Ils se retrouvent donc témoins de l’impact des changements climatiques
sur les ressources et sur
leurs communautés.
Jean Lanteigne, directeur général de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels (FRAPP), confie que les changements climatiques représentent l’une des principales préoccupations de l’organisme. « Comme groupe, on observe tout ça et on se demande où ça s’en va. Nous ne pouvons plus nous baser sur les années antérieures et dire que c’est toujours comme ça que ça se passe, année après année. Ce n’est plus le cas », affirme-t-il.
D’ailleurs, les transformations des habitudes des baleines noires sont un exemple frappant d’un impact direct sur l’industrie. Depuis quelques années, cette espèce en danger critique d’extinction se déplace dans des zones différentes, ce qui entraine des mesures pour réduire les risques de collision et d’empêtrement durant les saisons de pêche.
« En plus de la présence des baleines noires, il y a des diminutions très importantes des stocks de crevettes et une croissance du homard (…). Nous sommes certainement témoins de changements dans le golfe du Saint-Laurent et dans nos baies sur les comportements des espèces », avance-t-il. Les pêcheurs doivent donc s’adapter constamment.
« Chaque année, il y a de nouvelles expériences et nous sommes témoins de différents phénomènes qui apportent des variations énormes », ajoute-t-il. Il mentionne notamment la présence réduite du hareng dans les eaux, ainsi que les fortes augmentations du nombre de phoques et du bar rayé, deux espèces prédatrices qui modifient l’écosystème.
« Dans son ensemble, les changements climatiques sont quelque chose qui nous inquiète et on réalise que l’on est carrément dépendants de leurs impacts. Nous ne pouvons rien faire, sauf noter, observer ce que nos pêcheurs voient pour le rapporter et documenter », ajoute-t-il.