Delphine Durette-Morin est une scientifique associée et gestionnaire du programme de recherche au Canadian Whale Institute. (Site web du Canadian Whale Intitute)
Depuis 2018, Delphine Durette-Morin, scientifique associée et gestionnaire du programme de recherche au Canadian Whale Institute, participe à un projet de surveillance des baleines noires en collaboration avec des pêcheurs de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels (FRAPP). Au départ, l’équipe scientifique louait simplement le bateau d’un crabier, mais, au fil des ans, la collaboration s’est accrue pour que les pêcheurs contribuent également aux observations.
« Dans plusieurs cas, les pêcheurs sont directement intégrés aux activités de surveillance. On leur offre une formation comme observateurs visuels et, lorsqu’ils sont en mer, ils participent à la rotation d’observateurs pour repérer les mammifères marins et autres espèces. Quand les conditions le permettent, on leur offre aussi l’occasion d’apprendre comment prendre des photos scientifiques des baleines et noter des observations qui ensuite servent au suivi scientifique et à l’identification des individus », explique-t-elle.
Cette scientifique mentionne que cette collaboration est souvent marquée par un moment « déclic » avec les pêcheurs. « Il y a beaucoup plus d’échanges qu’avant. Les chercheurs apprennent des pêcheurs, et les pêcheurs apprennent aussi comment fonctionnent le suivi des baleines et les méthodes de recherche. Ça crée un vrai échange de connaissances dans les deux sens », ajoute-t-elle.
Ces sorties en mer ont tout d’abord comme objectif d’évaluer et de collectionner des données de distribution sur les baleines, c’est-à-dire où elles se retrouvent. « Ces données peuvent être utilisées dans les analyses pour comparer ou évaluer le risque entre la présence des baleines, la pêche et la présence de navires pour les risques de collision avec les embarcations », explique-t-elle.
Ensuite, l’équipe d’observation documente la baleine avec des photographies de haute qualité qui serviront à évaluer la santé de la population. « Comme l’espèce est très petite, nous connaissons chaque individu », précise-t-elle. Ces images permettent alors de juger la condition générale de la baleine, si elle présente des blessures, si elle a perdu du poids, etc.
Enfin, l’équipe amasse des échantillons comme des selles qui flottent à la surface de l’eau pour recueillir des informations sur le système digestif, la diète ou encore les hormones de la baleine.
La plateforme de recherche utilisée par les scientifiques du ministère des Pêches et Océans lors de leurs sorties pour observer les baleines noires. (Gracieuseté : Canadian Whale Institute)